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Page:D’Indy - Beethoven, Laurens.djvu/13

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PREMIÈRE PÉRIODE
JUSQU’À 1801


I

LA VIE


À Bonn, c’était fête ce soir là au numéro 934 de la petite rue qu’on appelle Rheingasse (rue du Rhin). Au logis des Beethoven, on célébrait la Sainte-Madeleine en l’honneur de la maîtresse de la maison, née Madeleine Kewerich, et bon nombre de musiciens de la chapelle électorale s’étaient donné rendez-vous chez le ténor de la Cour, leur camarade Johann van Beethoven, pour l’aider à régaler ses invités d’un peu de musique entremêlée de saucisses grillées, de rafraîchissements et de gais propos.

Dans la chambre d’honneur on a disposé un clavecin et des pupitres. Sous le baldaquin garni de feuillages où va prendre place Mme van Beethoven apparaît dans un cadre doré le portrait du Capellmneister Ludwig van Beethoven, le dieu lare de la maison, l’homme illustre de la famille [1].

  1. C’est par lui que les Beethoven se rattachent à cette patrie néerlandaise d’où les a tirés la fantaisie d’un Mécène ecclésiastique, Clément-Auguste, prince électeur de Cologne. Le Capellmeister Ludwig, né à Anvers en 1712, était le descendant d’une lignée d’artistes parmi lesquels on comptait des peintres et des sculpteurs.