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On se sert aussi de bœufs pour faire sortir le grain de l’épi, et on le serre ensuite.

« XV. Les Ioniens ont une opinion particulière sur ce qui concerne l’Égypte. Ils prétendent qu’on ne doit donner ce nom qu’au seul Delta, depuis ce qu’on appelle l’Échauguette de Persée, le long du rivage de la mer, jusqu’aux Tarichées de Péluse, l’espace de quarante schènes, qu’en s’éloignant de la mer l’Égypte s’étend, vers le milieu des terres, jusqu’à la ville de Cercasore, où le Nil se partage en deux bras, dont l’un se rend à Péluse et l’autre à Canope. Le reste de l’Égypte, suivant les mêmes Ioniens, est en partie de la Libye et en partie de l’Arabie. En admettant cette opinion, il serait aisé de prouver que, dans les premiers temps, les Égyptiens n’avaient point de pays à eux ; car le Delta était autrefois couvert par les eaux, comme ils en conviennent eux-mêmes, et comme je l’ai remarqué ; et ce n’est, pour ainsi dire, que depuis peu de temps qu’il a paru. Si donc les Égyptiens n’avaient point autrefois de pays, pourquoi ont-ils affecté de se croire les plus anciens hommes du monde ? Et qu’avaient-ils besoin d’éprouver des enfants, afin de s’assurer quelle en serait la langue naturelle’ ? Pour moi, je ne pense pas que les Égyptiens n’ont commencé d’exister qu’avec la contrée que les Ioniens appellent Delta, mais qu’ils ont toujours existé depuis qu’il y a des hommes sur terre, et qu’à mesure que le pays s’est agrandi par les alluvions du Nil, une partie des habitants descendit vers la basse Égypte, tandis que l’autre resta dans son ancienne demeure ; aussi donnait-on autrefois le nom d’Égypte à la Thébaïde, dont la circonférence est de six mille cent vingt stades[1]. »

Strabon et Sénèque rapportent aussi l’opinion d’Hérodote que la Thessalie a été recouverte par les eaux. Thucydide, dans son IIIe livre, mentionne un tremblement de terre à la suite duquel l’Orobie aurait été inondée, et dans le second ce qu’avait déjà dit Hésiode des îles Échinades. Le mythe

  1. Hist. d’Hérodote, traduite par Larcher, t. I, p. 138, édit. de 1850.