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CHANT DE VICTOIRE
ET DE RECONNAISSANCE
POUR LA DÉLIVANCE DE L’ÉGYPTE.



Dans ce temple où le Caire adore la puissance

D’Alla protecteur des héros,
Les fils belliqueux de la France,

Traînant des Beys vaincus les coupables drapeaux,
Venaient signer du Nil la prompte délivrance,

Et par une auguste alliance
Confondant deux peuples rivaux,

Au milieu des parfums de la reconnaissance

Ne contemplaient que des égaux.

Un peuple qu’ils rendaient à son indépendance
Gardait autour du chef un éloquent silence,
Et lisait sur son front ses rapides travaux,
Lorsqu’enflammé soudain d’un sublime délire,
Le mufti par sa voix consacre leurs lauriers,

Et mêle aux accents de la lyre

La prière du copte et l’hymne des guerriers.

Le grand Alla de nos murailles

Écarte son bras irrité :
Du grand arbitre des batailles
Adorons l’auguste bonté.
Nous méconnûmes ses largesses,

Nous abusâmes des richesses