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L’ANIMALIER



Les critiques nous ont appris à interroger les poètes sur le sentiment qu’ils ont eu de l’homme et de la nature, de la vie et de la mort, et ce sont là, en effet, les questions qui se posent à chacun de nous et auxquelles nous nous devons à nous-mêmes de répondre, soit par notre vie — c’est le cas de tous, soit par notre œuvre — c’est le privilège de quelques-uns.

Au prix de ces grandes questions, toutes les autres semblent anecdotiques et presque négligeables. Pourtant, quand il s’agit de vrais poètes, de poètes déjà consacrés par le temps, il est permis de fouiller certains recoins de leur œuvre et de se demander, par exemple, ce qu’ils ont pensé, non seulement des passions humaines, mais de la nature elle-même, et plus particulièrement encore du végétal et de l’animal, de la plante et de la bête, et quelle place ils leur ont accordée.

Le poète dont on célèbre cette année le cinquantenaire, le peintre admirable des fleurs maladives écloses dans le cerveau moderne, Baudelaire s’est-il intéressé à ceux que Jules