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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/94

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ouvrant un champ libre aux donations mutuelles, il a voulu exciter parmi nous l’envie de nous faire du bien réciproquement. Vous, au contraire, Leptine, vous avez porté une loi qui défend au peuple d’accorder aucune des grâces qui dépendent de lui. Mais pouvez-vous dire que vous ayez lu les lois de Solon, ou que vous les ayez comprises, vous qui privez le peuple d’hommes empressés à le servir, en déclarant que ceux qui lui rendront quelque service, n’en recevront aucune récompense ? Voici une autre loi de Solon, qui passe pour être une des plus belles : Nul ne dira du mal d’un mort, pas même s’il s’entend dire des injures par ses enfans. Vous, vous ne dites pas du mal de ceux qui ont servi la patrie, et qui sont morts, vous leur en faites ; vous dépouillez de leurs privilèges des hommes qui n’ont rien de commun avec tels ou tels dont vous vous plaignez, et que vous prétendez être indignes de ces mêmes privilèges [29]. N’est-ce donc point là s’écarter entièrement de l’esprit de Solon ?

On est venu me dire très-sérieusement qu’afîn de prouver qu’on ne devait accorder de privilège à qui que ce fût, et pour quelque action que ce pût être, nos adversaires se préparaient à donner pour raison, que, ni les Lacédémoniens dont le gouvernement est si sage, ni les Thébains, n’accordaient chez eux de pareilles récompenses, et que toutefois ils ue manquaient pas de grands