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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/85

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un double examen, l’un dans le sénat, et l’autre devant votre tribunal, les lois en vertu desquelles eux et tous les autres doivent exercer leurs charges et gouverner l’état, dussent être adoptées sur-lechamp, sans réflexion et sans examen. Alors, sans doute, lorsqu’on suivait cette règle dans l’établissement des lois, on observait les lois anciennes, sans s’occuper à en porter de nouvelles. Mais, depuis que des ministres en crédit, comme je l’apprends de nos vieillairds, se furent arrogés le pouvoir de porter des lois, quand il leur prenait envie et comme ils le jugeaient à propos, il en est résulté une si grande foule de lois opposées entre elles, que, quoique vous ayiez nommé, il y a longtems, des commissaires pour les recueillir toutes, ils n’ont pu encore finir cet ouvrage. Les lois ne diffèrent pas des décrets [25] ; en sorte qu’il est des lois plus nouvelles que les décrets mêmes qui, selon la loi, ne peuvent avoir force que pendant un an. Mais, afin de ne pas m’en tenir à des paroles, je vais vous faire lire la loi dont je parle. Greffier, prenez la loi qu’on suivait jadis pour l’établissement des lois. Lisez.

On lit la loi.

Vous voyez. Athéniens, la sagesse avec laquelle Solon ordonne de procéder dans l’établissement des lois. D’abord, la loi nouvelle doit être portée devant les juges qui sont choisis par le peuple, qui