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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/70

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Parmi beaucoup d’actions dignes de louanges qu’il a faites, et qui toutes doivent lui assurer les grâces qu’elles lui ont valu, la plus belle, sans contredit, est le rétablissement de nos murs. Pour s’en convaincre, il faut le comparer à un plus ancien personnage, à l’homme le plus illustre de son siècle, qui conçut et exécuta une pareille entreprise. Thémistocle conseilla au peuple de travailler sur-le-champ à rétablir les murs de la ville [22], et de retenir les hommes qui arriveraient de Lacédémone, où il se rendit comme député. Sur ce qu’on rapportait que les Athéniens relevaient leurs murs, les Lacédémoniens ayant mis l’affaire en délibération, le député d’Athènes nia le fait, et leur proposa d’envoyer ici pour s’assurer de la chose. Comme les premiers qu’on avait envoyés, ne revenaient pas, il les engagea à en envoyer d’autres. Il n’est aucun de vous, je pense qui n’ait entendu dire de quelle manière il trompa les Lacédémoniens. Je dis donc, et je vous conjure de ne pas prendre mes réflexions en mauvaise part, mais d’examiner si elles sont justes ; je dis qu’autant il est plus noble d’agir ouvertement que par des voies obliques, de réussir à force ouverte que par la ruse, autant il est plus honorable pour Conon d’avoir relevé nos murs, que pour Thémistocle. L’un l’a fait en trompant ceux qui voulaient s’y opposer, l’autre en les forçant d’y consentir. Conon mérite-t-il donc que vous lui fassiez une