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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/66

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réussit pas, ou, s’il réussit, de n’obtenir de notre part que des faveurs peu sûres ?

Si je ne pouvais attaquer la loi qu’en montrant qu’elle dépouille des exemptions beaucoup d’étrangers qui ont servi notre république, sans pouvoir nommer des citoyens d’Athènes qui soient dignes de cette même récompense, ce serait pour moi une peine trop sensible ; et j’en rougirais pour ma patrie, à qui je souhaite toute sorte de biens, mais principalement des grands hommes et des citoyens utiles.

Jetez d’abord les yeux sur Conon [18], et voyez si, dans sa personne ou dans sa conduite, vous trouvez quelque raison de révoquer une partie des grâces qu’il a obtenues. Je ne dirai rien que ne puissent certifier plusieurs d’entre vous qui ont vécu de son tems. Après que le peuple fut revenu du Pirée, quoique la ville fût sans forces et sans vaisseaux, ce grand homme, à la tête des troupes du roi de Perse, ne recevant de nous aucun secours, vainquit sur mer les Lacédémoniens, accoutuma à nous obéir ce peuple qui commandait aux autres, et chassa des îles [19] leurs gouverneurs. De retour ici, il releva vos murs, et fut le premier qui vous mit en état de disputer de nouveau la prééminence à la république de Sparte. L’inscription de la colonne sur laquelle on grava le décret, est conçue en des termes qui ne furent jamais employés que pour lui [20] : Puisque Co-