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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/348

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PLAIDOYER CONTRE CONON.


On lit les dépositions.

Telles sont, Athéniens, les injures que j’ai cru devoir négliger. Quelque tems après, sur le soir, comme je me promenais, suivant ma coutume, dans la place publique, avec Phanostrate qui est de mon âge, Ctésias, fils de Conon, étant pris de vin, passe du côté de Léocorie [2], près de la maison de Pythodore. Dès qu’il nous aperçoit, il jette un cri, et, murmurant tout bas, comme un homme ivre, quelques mots que je ne pus entendre, il s’avança jusqu’à Mélite. Là, je l’ai su depuis, s’étaient rassemblés pour boire, dans la maison du foulon Pamphile, Conon, un certain Théotime, Archibiade, Spinthare, fils d’Eubulus, Théogène, fils d’Andromène, et plusieurs autres. Ctésias leur fait quitter table, et les amène dans la place publique. À notre retour du temple de Proserpine, tout en nous promenant, nous passons près de Léocorie ; nous nous trouvons à leur rencontre, et au milieu de leur troupe, un inconnu se jette sur Phanostrate, et se saisit de sa personne ; je suis attaqué par Conon, par son fils, par le fils d’Andromène, qui, tous trois, après m’a voir dépouillé, me renversent, et me traînent dans la boue. Sautant sur mon corps et me faisant mille outrages, ils me déchirèrent la lèvre, me remplirent les yeux de sang, et me laissèrent dans un état où je ne pouvais ni me lever, ni dire une parole. Couché par terre,