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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/343

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PLAIDOYER
DE DEMOSTHÈNE
CONTRE CONON.



Athéniens, attaqué par Conon, traité par lui si outrageusement, que tous mes proches et les médecins même me regardèrent long-tems comme désespéré ; rétabli enfin contre tout espoir, je l’accuse en ce jour pour fait de violence. Tous mes parens et tous mes amis que j’ai consultés, en convenant que, d’après les excès de mon adversaire, j’aurais pu le traîner en prison comme malfaiteur, ou l’attaquer, par une action publique, pour fait d’outrage, m’ont conseillé de ne rien entreprendre au-delà de mes forces, de ne pas former une accusation au-dessus de mon âge. J’ai donc pris le parti le plus doux ; et, d’après leurs conseils, j’intente à Conon un procès civil, quoique j’eusse bien voulu le poursuivre criminellement. J’espère que vous me pardonnerez cette animosité, quand vous saurez tout ce que j’ai eu à souffrir de ce méchant homme, quand je vous aurai montré que, par les derniers traits de son audace, il a mis le comble à toutes les insultes atroces qu’il m’avait déjà faites. Écoutez, je vous en supplie, avec bienveillance