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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/26

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justes envers les bienfaiteurs de votre ville ? non je ne vous le eonseille pas.

Tel fut donc l’esprit de notre république dans la circonslanee dont je parle et dans plusieurs autres ; généreuse, incapable de tromper, considérant plus l’honneur que le plus grand intérêt de finances. Quant à l’auteur de la loi, j’ignore quels sont ses sentimens dans le reste ; je ne le connais ni ne l’attaque : en ne le jugeant que d’après sa loi, je le trouve bien différent de vous. Mais il me semble que c’est plutôt à Leptine à suivre votre exemple, en abandonnant la loi qu’il a portée, qu’à vous de suivre le sien en la confirmant. Oui, il est de son avantage et du vôtre que la ville lui persuade de se régler sur elle, et non qu’il persuade à la ville de se régler sur lui. Car, quelque honnête qu’on le dise et que je le suppose, il ne l’emporte pas en vertu sur toute la ville d’Athènes.

Au reste, vous serez plus en état de prononcer sur l’affaire présente, si on vous montre que la loi détruit encore ce qui seul fait le mérite des faveurs dans les gouvernemens démocratiques, ce qui les rend préférables à celles des autres gouvernemens. A ne regarder que l’avantage actuel de celui qui reçoit, ce sont sur-tout les monarques et les princes qui savent récompenser, puisqu’ils rendent tout-à-coup riches qui ils veulent ; mais, pour l’honneur et la stabilité, les récompenses dans les démocraties l’emportent de beaucoup. Il est beau