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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/161

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HARANGUE

DE DÉMOSTHÈNE

CONTRE MIDIAS.

V ous savez sans doute , Athéniens, ( et qui de vous pourrait l’ignorer ? ) quel est le caractère violent de Midias , et son insolence envers tout le monde. Ce que chacun eût cru devoir faire s’il eût été insulté , je l’ai fait ; j’ai porté mes plaintes devant le peuple ; j’ai accusé Midias d’avoir violé la sainteté des fêtes de Bacchus, en osant me frapper sur le théâtre, après avoir exercé envers moi mille autres violences durant tout le cours de ma chorégic. Lors donc que le peuple, animé d’une juste colère contre ce méchant homme, et aussi sensible à l’injure qu’il m’avait faite , que peu touché de ses démarches et de celles de tous ses fauteurs , l’eût condamné tout d’une voix, sans égard ni à sa fortune ni à ses promesses ; alors plusieurs ciloycns, dont quelques-uns même siègent actuellement dans ce tribunal, vinrent m’exhorler à le poursuivre sans relâche , à le livrer entre les mains de votre justice. Deux motifs , à ce qu’il me semble , les faisaient agir ; l’outrage que j’avais essuyé, et