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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/151

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SOMMAIRE
DE LA HARANGUE DE DÉMOSTHiNE
CONTRE MIDIAS.



La harangue intitulée , contre Midias, est une des plus belles de Déinoslhène : voici quel en est le sujet. Déinoslhène avait été nommé chorége par sa tribu : la chorégie était une espèce de fonction publique et sacrée. Le citoyen qui en était revêtu , s’engageait à former , à ses dépens , une I roupe de musiciens ou de danseurs, pour célébrer les fêles de Bacchus. Il y avait une grande émulation entre les choréges des différentes tribus. Celui dont la troupe avait été jugée la mieux formée et la mieux décorée, obtenait une couronne. Midias, homme puissant et riche , mais audacieux’et insolent, ennemi de Démosthène , l’avait traversé pendant toute sa chorégie. Par ses cabales auprès des juges nommés pour décider entre les choréges , il avait réussi à le frustrer de la couronne , à laquelle il prétendait. Il ne s’en était pas tenu là ; il l’avait frappé en plein théâtre ; il lui avait donné un soufflet dans l’exercice même de sa charge , en présence des Athéniens et des autres Grecs , que la fête avait rassemblés. C’était Pusage que, dans les querelles survenues au sujet des fêtes de Bacchus , le peuple, rassemblé inmultuairemenl dans le temple de ce Dieu, prononçât d’abord sur les dé|its , qui étaient ensuite portés à un tribunal plus tran-* quille. Le peuple s’étiit assemblé au sujet de Midias , et l’avait condamné sur le-champ. La cause , suivant la coutume , fut portée devant un tribunal particulier. Démos-