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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/142

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sera dépouillé, et de plue sera puni, si vous le jugez convenable, en vertu de la loi que je propose ; enfin, on ne verra la ville d’Athènes manquer ni à la justice, ni à l’honneur, ni à ses engagemens : si vous la recevez, ce qu’aux dieux ne plaise ! les bons seront punis pour les méchans ; ceux-ci, qui seront la cause du malheur des autres, ne subiront eux-mêmes aucune peine ; et notre ville, déshonorée dans l’esprit de tous les peuples, sera regardée comme envieuse, injuste, perfide. Ne substituez pas, ô Athéniens, une telle ignominie à l’idée avantageuse qu’on s’est formée de cette république ; et pensez que chacun de vous participera à la gloire ou à la honte de ce qui aura été décidé en commun.

Qui de nos citoyens, présens ou absens, ignore qu’en apparence et selon la forme, c’est Leptine qui plaide contre nous, mais qu’en effet et dans l’esprit de chacun des juges, c’est la générosité qui plaide contre l’envie, l’équité contre l’injustice, les vertus les plus nobles contre les vices les plus bas ? Si donc, écoutant les motifs les plus dignes de vous, vous prononcez d’après ce que je vous dis, vous rendrez la sentence la plus équitable, en même tems, et la plus honorable pour Athènes ; et, d’ailleurs, vous ne manquerez pas, dans l’occasion, dé citoyens prêts à s’exposer pour la patrie.

Toutes ces considérations méritent de votre