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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/138

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venir les meurtres dans votre ville. Rappelez-vous les conjonctures où vous témoignâtes votre reconnaissance par le privilège des exemptions ; rappelez-vous la colonne de Démophante [40], dont Phormion vous a parlé, sur laquelle est gravé le serment que vous fîtes, d’accorder à quiconque mourrait pour la démocratie, les mêmes récompenses qu’à Harmodius et à Aristogiton ; rappelez-vous cette colonne, et rejetez une loi que vous ne pouvez recevoir sans vous rendre coupables de parjure.

Ajoutez encore cette réflexion à toutes les autres : il n’est pas possible qu’une loi soit bonne, si elle ne statue de la même manière pour le passé et pour l’avenir. Personne dit la loi de Leptine, ne sera exempt, excepté les descendans d’Harmodius et d’Aristogiton. Fort bien. Par la suite, ajoute-t-elle, on ne pourra accorder les exemptions. Quoi, Leptine, pas même s’il se trouvait des citoyens dans le cas de ceux que vous exceptez ! Si vous approuvez ce qui a été fait pour des services déjà rendus, pourquoi ne pas songer à ceux qu’on peut rendre ? Nous sommes bien éloignés , dira-t-on, de nous retrouver dans de pareilles conjonctures. Eh ! puissent-elles ne jamais revenir ! mais, étant hommes, nous devons prendre garde de témoigner par nos discours et par nos lois une sécurité qui attire sur nous le courroux du ciel. Espérons un sort prospère, et demandons-le aux