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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/133

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Mais ce qu’il y a de plus fort, et ce qui les regarde tous, chacun d’eux a déjà été nommé plusieurs fois à la fonction qu’il remplit aujourd’hui : or, en vertu d’une loi très-sage qui a été portée, non pour des hommes tels que ceux dont je parle, mais pour empêcher certaines gens de faire servir cette fonction à la cupidité ou à l’imposture, on ne peut être nommé plus d’une fois, par le peuple, avocat d’une loi. Des hommes qui ont entrepris de défendre la loi de Leptine, et de prouver qu’elle est utile, doivent se montrer eux-mêmes fidèles aux lois reçues. Sinon, il serait ridicule de parler pour la défense d’une loi, tandis qu’ils en violeraient une autre. Greffier, prenez la loi dont je parle , et faites-en lecture.

On lit la loi.

Cette loi, Athéniens, est ancienne, elle est fort sage ; et si nos adversaires sont raisonnables, ils craindront de l’enfreindre.

Je n’ai plus qu’un mot à vous dire, et je finis. Vous devez travailler à rendre vos lois aussi parfaites qu’il est possible, mais sur-tout celles d’où dépend l’agrandissement ou la décadence d’un état. Et quelles sont ces lois ? celles qui fixent les peines et les récompenses. Car, si tous les citoyens sont détournés de nuire à la patrie par la crainte des peines que les lois infligent au crime, et s’ils sont tous excités à la servir par le désir des récom-