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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/129

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Aristophon, Céphisodote et Dinias. Ecoutez, Athéniens, ce que vous pourriez dire à chacun d’eux, et voyez si mes réflexions sont justes.

Et d’abord, Léodamas a déjà attaqué juridiquement les récompenses que Chabrias avait obtenues, et dont les exemptions faisaient partie ; il a comparu devant vous et perdu sa cause. Or, les lois ne permettent pas au même homme de porter deux fois la même affaire, de quelque nature qu’elle soit, devant les mêmes tribunaux. Ajoutez qu’il serait contre toute raison que les services de Chabrias ayant alors prévalu dans vos esprits sur les discours de Léodamas, maintenant qu’aux services de ce grand homme se joignent ceux de beaucoup d’autres, tous ensemble fissent moins d’impression sur vous que les discours du même Léodamas.

Pour ce qui est d’Aristophon, je crois aussi n’avoir rien que de raisonnable à lui dire. Il a obtenu de vous des faveurs dans lesquelles sont comprises les exemptions. Je ne le trouve pas mauvais ; il faut que vous soyez maîtres d accorder vos grâces à qui vous voulez ; mais je dis que lui-même, n’ayant pas trouvé injuste auparavant qu’on lui accordât un privilège, ne doit pas être fâché à présent qu’on l’accorde à d’autres, ni vous engager à les en dépouiller. C’est lui, d’ailleurs, qui a proposé de rendre à Gélarque cinq talens qu’il avait prêtés, disait-il, à ceux du peuple qui s’étaient réfugiés au Pirée : et il avait raison de le proposer.