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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/126

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HARANGUE CONTRE LA LOI DE LEPTINE.


laissant abolir une loi sur la nature de laquelle il se sera trompé. Si, persistant à la défendre, il s’efforce de la faire admettre, je n’attaquerai pas son motif, mais je ne pourrai louer sa conduite. Ainsi, Leptine, ne mettez pas tant de chaleur pour obtenir un succès, qui ne tournerait, ni à votre gloire, ni à l’honneur de ceux que vous auriez persuadés , sur-tout puisque vous ne courez plus aucun risque. Car, sachez, Athéniens, que, quand l’auteur de la loi en était encore responsable, il fut accusé par Bathippe, père d’Aphepsion. Bathippe étant mort, le tems du jugement est passé, et, conséquemment, il n’est plus question aujourd’hui que de la loi ; son auteur est à l’abri de toute recherche. J’apprends, Leptine, que, vous prévalant de cet avantage, vous dites que de trois accusateurs [38] qui ont précédé Clésippe, aucun n’a persisté dans ses poursuites. Si par-là vous prétendez les blâmer de ce qu’ils ne vous ont pas exposé aux risques d’une condamnation, de tels risques ont donc pour vous bien des charmes. Si vous en faites une preuve de la justice de vos demandes, vous raisonnez bien mal. Votre loi en vaudra-t-elle donc mieux, parce qu’un de vos accusateurs est mort avant le jugement, que vous en avez engagé un autre à se désister, ou qu’un autre a usé de collusion ? Il n’est pas même honnête de recourir à de telles défenses.

On a choisi , pour avocats de la loi [39], des hommes fort éloquens, sans doute ; Léodamas,