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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/122

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HARANGUE CONTRE LA LOI DE LEPTINE.


citant, chacun â part, devant les tribunaux ? Pour moi, je pense que ce qu’ils demandent de vous ne serait ni juste, ni digne de la république, ce qui est le point essentiel.

N’oubliez pas non plus cette raison, que voue avez dû examiner si les personnes méritaient vos faveurs, lorsque vous les leur avez données sans qu’aucun de nos adversaires s’y opposât ; mais qu’à présent vous ne devez pas révoquer ces mêmes faveurs, à moins que ceux que vous en avez gratifiés ne vous aient causé depuis quelque dommage. Si on leur en fait le reproche, outre qu’on ne pourra le prouver, il fallait qu’on les fît punir sur-le-champ. Si, sans avoir rien à leur reprocher, vous confirmez la loi, vous paraîtrez avoir aboli les exemptions, moins par haine du crime que par un sentiment d’envie. Mais s’il faut éviter tout vice bas et honteux, quel qu’il puisse étre, on doit s’interdire celui-ci plus que tout autre. Pourquoi ? c’est que l’envie est la marque certaine d’un mauvais cœur, et que l’envieux ne peut rien alléguer qui l’excuse. Ajoutons qu’il n’est pas de vice dont soit plus éloignée notre ville, qui, en général, abhorre tout ce qui sent la bassesse. En voici des preuves convaincantes. Vous êtes les seuls de tous les Grecs qui honoriez, d’une sépulture publique, les citoyens morts à la guerre, les seuls qui célébriez leurs exploits et leur bravoure dans des éloges funèbres : usage vraiment digne d’un