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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/118

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HARANGUE CONTRE LA LOI DE LEPTINE.


de votre ville, voulaient encore, à cause de l’esclave, enlever au maître une partie de ce qui lui a été accordé ; et cela, sur un exposé faux ? En effet, ni Lycidas, ni aucun hôte public, ne jouissent des exemptions, si le peuple ne les a accordées expressément : or, il ne les a pas accordées à ceux qu’on citera ; on ne peut le prouver, et ce serait manquer de pudeur, que de le soutenir.

Mais je reviens sur une réflexion, à mon avis, la plus importante de toutes. Quand on passerait à Leptine tout ce qu’il dira pour établir la bonté de sa loi, rien, quoi qu’il arrive, n’effacera jamais la honte qui résultera, pour Athènes, de la confirmation de cette loi ; et quelle est cette honte ? Nous passerons pour avoir trompé ceux qui nous ont rendu des services. C’est en soi-même une chose honteuse, tout le monde en conviendra ; mais voyez combien elle le serait pour vous, plus que pour d’autres. Parmi vos lois les plus eslimées, il en est une fort ancienne, qui ordonne de citer en justice et de punir de mort, s’il est convaincu, tout citoyen qui trompera le peuple, avec lequel il aura pris des engagemens. Et vous ne rougirez pas qu’on vous voie faire à vous-mêmes ce que vous punissez de mort dans autrui ! Toutefois, on doit éviter, en général, ce qui est honteux et reconnu pour tel, mais sur-tout ce que l’on a condamné authentiquement dans les autres, puisqu’il n’y a pas à balancer si l’on s’abstiendra de ce que soi-même on a déjà