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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/117

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HARANGUE CONTRE LA LOI DE LEPTINE.


on justice, pour qu’ils fussent tenus de remplir la charge à sa place. Ne souffrez pas, Athéniens, qu’on vous dise le contraire.

On nous objectera peut-être encore, pour décrier les exemptions, qu’on a gratifié de ce privilège des Messéniens et des Mégariens reconnus tels, qui l’ont obtenu par troupes ; de vils esclaves, un Lycidas, un Denys, et d’autres gens semblables.

Je vais vous apprendre le moyen d’éviter la surprise. Quand on vous tiendra ces discours, exigez, pour preuve, que l’on vous montre les décrets où sont consignées ces exemptions. Car personne, chez vous, n’est exempt, que son exemption ne soit consignée dans une loi ou dans un décret. Il est vrai que bien des gens de l’espèce de ceux qu’on nous cite, du nombre desquels est Lycidas, ont obtenu chez vous, par le crédit de vos ministres, le titre d’hôtes publics. Mais il ne faut pas confondre ce titre avec les exemptions ; prenez garde de vous y laisser surprendre ; et parce qu’un Lycidas, esclave, un Denys, et quelqu’autre peut-être, ont obtenu sans peine le titre d’hôtes publics, grâce à des mercenaires qui le prodiguent pour de l’argent, qu’on ne s’efforce pas de faire révoquer les justes faveurs qu’ont reçues de vous des hommes libres, pour prix des importans services qu’ils vous ont rendus. Eh ! Chabrias ne serait-il pas bien à plaindre, si ces orateurs perfides, non contens d’avoir fait de Lycidas, de son esclave, un des hôtes