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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/110

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HARANGUE CONTRE LA LOI DE LEPTINE.


et qui a obtenu du peuple cette récompense unique, quand elle lui sera ôlée, je vous le demande, Leptine, que lui restera-t-il ? Parce que vous trouvez quelques sujets indignes des exemptions, ne dépouillez pas, d’une partie de leurs récompenses, ceux qui en ont obtenu plusieurs ; et, sous prétexte de ne pas les oter toutes à ceux-ci, notez pas à d’autres, qui n’en ont reçu qu’une, la seule qu’ils possèdent. En un mot, ce qu’il y a de pis, n’est pas l’injustice, plus ou moins grande, que nous ferons à quelques particuliers, mais le peu de sûreté qu’auront, par la suite, les grâces dont nous aurons payé les services ; et ce ne sont pas les exemptions qui m’occupent, mais je crains le mauvais exemple qui serait introduit par la loi, et qui ferait regarder comme peu sûres toutes les faveurs qu’on tiendrait du peuple.

Il est une raison qu’ont imaginée nos adversaires, qu’ils jugent fort subtile, et très-propre à vous persuader d’abolir les exemptions ; il est bon de vous en prévenir, afin que vous ne vous y laissiez pas surprendre. Ils diront que toutes ces charges de chorége, de gymnasiarque, d’hestiateur, appartiennent à la religion ; or, qu’il est absurde de vouloir qu’on soit exempt de fonctions sacrées.

Pour moi, je soutiens qu’il est juste que ceux-là soient exempts, que le peuple a gratifiés des exemptions, et que ce sont nos adversaires qui agiront d’une manière absurde, s’ils allèguent la