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Page:Démosthène - Œuvres complètes, Auger, 1820, tome 6.djvu/105

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pour preuve que je dis vrai, greffier, prenez le décret d’Alcibiade, et faites-en lecture.

On lit le décret.

Ce décret, ô Athéniens, prouve que vos ancêtres étaient aussi dans l’usage de récompenser les services : savoir s’ils ne les récompensaient pas de même que nous, c’est une autre question. Mais quand j’accorderais que ni Lysimaque, ni aucun autre, n’ont rien obtenu de nos ancêtres, serions-nous fondés pour cela à dépouiller quelqu’un des récompenses dont nous l’avons gratifié ? Ce ne sont point ceux qui n’ont pas donné, parce qu’ils ne l’ont pas jugé à propos, qui sont répréhensibles ; mais ceux qui, sans de justes raisons, retirent ce qu’ils ont donné eux-mêmes. Si l’on pouvait montrer que nos ancêtres ont dépouillé quelqu’un des grâces qu’ils lui avaient décernées, je vous passerais d’agir comme eux, quoique au fond le procédé n’en serait pas plus honnête. Mais si on ne peut montrer qu’on ait rien fait de pareil en aucun tems, pourquoi serions-nous les premiers à offrir un tel exemple ?

Songez aussi, Athéniens, que vous vous êtes engagés par serment à prononcer, non d’après les lois de Thèbes ou de Lacédémone, ni d’après celles que suivaient jadis nos ancêtres, mais d’après celles qui ont accordé des exemptions à ceux que Leptine veut maintenant en dépouiller. Quant aux ob-