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Mais, de son coin, Kazan, qui somnolait, l’entendit soudain qui sanglotait et, ayant levé le nez, il la vit qui mangeait peu après, en compagnie de l’inconnu.

Kazan, en rampant, se glissa sous le lit. Ensuite, la nuit étant complètement venue, tout, dans la cabane, retomba dans le silence.

Le lendemain, au point du jour, dès que l’homme entr’ouvrit la porte, Kazan en profita pour se glisser dehors et filer rapidement dans la plaine. Il ne tarda pas à trouver la piste de Louve Grise et l’appela. Sa réponse lui parvint, du fleuve glacé, et il courut vers elle.

Un boqueteau de sapins leur servit d’abri et tous deux s’y dissimulèrent. Mais vainement Louve Grise tenta de persuader à Kazan de fuir avec lui, en de plus sûres retraites, loin de la cabane et de l’odeur de l’homme.

Un peu plus tard, Kazan, toujours aux aguets, aperçut l’homme de la cabane qui harnachait ses chiens et installait Jeanne sur le traîneau, l’emmitouflant de fourrures, elle et l’enfant, comme eût pu le faire le vieux Pierre. Puis, le traîneau s’étant mis en route, Kazan emboîta sa piste et, toute la journée le suivit, à quelque distance en arrière, suivi lui-même par Louve Grise, qui glissait sur ses pas, comme une ombre.

Le voyage se continua jusqu’à la nuit. Le vent était tombé. Sous les étoiles brillantes et sous la lune calme, l’homme pressait l’attelage. Ce ne fut qu’à une heure avancée que le traîneau atteignit une seconde cabane, à la porte de laquelle l’homme vint cogner. De l’ombre épaisse où il se tenait, Kazan vit une lumière apparaître et la porte s’ouvrir. Il entendit la voix joyeuse d’un autre homme, à laquelle répondit celle de Jeanne et de son compagnon. Alors, il s’en alla rejoindre Louve Grise.