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PRÉFACE DES TRADUCTEURS

Comme son frère Croc-Blanc dont Jack London nous a conté si merveilleusement les évolutions psychologiques et les multiples aventures, Kazan, que dans ce volume nous présente Curwood, est un de ces chiens-loups employés dans le Northland américain (nord du Canada et Alaska) à tirer les traîneaux. Race mixte, mi-civilisée et mi-sauvage, supérieurement intelligente et non moins robuste, où fusionne le chien et le loup, et dont l’instinct est sans cesse tiraillé entre la compagnie de l’homme, affectueux parfois, souvent brutal, et la liberté reconquise. Sujet qui semble particulièrement cher aux romanciers américains et qu’ils s’efforcent tous de traiter chacun différemment, avec des effets et des péripéties diverses. Ce que Curwood a, ici, plus particulièrement dépeint en son héros-chien, c’est plus que l’influence de l’homme, celle de la femme sur la grosse bête hirsute, capable d’étrangler quiconque d’un seul coup de gueule, et qui rampe, docile et obéissante, aux pieds d’une maîtresse aimée. Et c’est son dévouement aussi, sa fidélité touchante pour sa compagne de race, la louve aveugle, dont il est devenu, en un monde hostile, où la lutte pour la vie est sans trêve, le seul guide et le seul soutien.