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tête, d’un mouvement saccadé. Jeanne vit le mouvement, et entendit le grognement qui roulait dans sa gorge. Elle courut près du paquet, lui parla avec des modulations câlines et, le prenant dans ses bras, écarta la peau de lynx afin que Kazan pût voir.

Kazan n’avait encore jamais vu d’enfant d’aussi près. Jeanne tendit vers lui le bébé, pour qu’il le regardât bien en face et admirât quelle merveilleuse petite créature c’était là. Le visage rose semblait fixer la bête, les mains mignonnes s’allongeaient vers elle, et un jacassement partit à son adresse. Puis, tout à coup, ce fut une agitation générale du menu corps et comme un éclat de rire. Kazan, rassuré, détendit ses muscles et vint se traîner aux pieds de la mère et de l’enfant.

— Vois donc, mon père ! s’exclama Jeanne. Il a pris déjà l’enfant en affection. Oh ! la bonne bête ! Il nous faut, sans tarder, lui choisir un nom. Mais lequel ?

— Demain matin nous chercherons cela plus à loisir. Il se fait tard dans la nuit. Rentre sous la tente et dors. La prochaine journée sera rude. Nous n’avons plus de chien maintenant et il nous faudra tirer nous-mêmes le traîneau. Comme elle allait pénétrer sous la toile, Jeanne s’arrêta.

— Il est, dit-elle, venu avec les loups. Appelons-le « Loup ».

Elle tenait la petite Jeannette sur un de ses bras. Elle étendit l’autre vers Kazan en répétant à plusieurs reprises :

— Loup ! Loup ! Loup !

Kazan ne la perdit pas du regard. Il comprit qu’elle lui parlait et avança légèrement vers elle. Longtemps après que Jeanne fut rentrée dans la tente et couchée, le vieux Pierre Radissom était encore