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s’arrêtant, le fixait. Il fit un nouvel effort pour se traîner sur ses pattes. Mais ses forces le trahirent et il retomba sur la neige.

L’homme déposa son fusil, qu il appuya contre un jeune sapin, et se pencha sur l’animal, sans manifester la moindre crainte. Avec un grognement féroce, Kazan tenta de happer dans ses dents la main qui se tendait.

À sa grande surprise, l'homme ne ramassa ni bâton, ni gourdin. Au contraire, il tendit sa main à nouveau, prudemment toutefois, et lui parla avec une voix exempte de dureté. Kazan, pourtant, fit encore claquer ses dents et grogna.

Mais l’homme persistait, lui parlant toujours. De la mitaine dont sa main était couverte, il lui toucha même la tête, puis la retira assez rapidement pour échapper aux mâchoires. A trois reprises différentes, Kazan sentit le contact de la mitaine ; contact où il n’y avait ni menace ni douleur. Cela fait, l’homme lui tourna le dos et repartit.

Lorsque Pierre se fut éloigné, Kazan jeta un cri plaintif et le poil qui s’était dressé en crête, tout le long de son échine, s’aplatit. Il regardait ardemment vers la lumière du feu. L’homme ne lui avait fait aucun mal. Il eût souhaité pouvoir courir après lui. Louve Grise, qui n’avait pas été loin, était revenue lorsqu’elle avait vu que Kazan était seul à nouveau et elle se tenait devant lui, les pattes raides. C’était la première fois, sauf lors de l’attaque du traîneau, qu’elle avait été si proche du contact de l’homme. Elle comprenait mal ce qui se passait. Tout son instinct l’avertissait que l’homme était en ce monde l’être dangereux entre tous, celui qu'il lui fallait redouter plus que les animaux les plus forts, plus que les tempêtes, les inondations, la famine et le froid. Et cependant l’homme qui était là tout à