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A toute vitesse, les loups foncèrent, et sur les petits points noirs, et sur la mince charpente de bois du traîneau, qui se profilait sur la neige. Mais, avant qu’ils n’eussent atteint leur but, le traîneau s’était arrêté et avaient apparu soudain ces langues de feu intermittentes, si redoutées de Kazan, qui fusaient dans l’air en sifflant, ces piquantes abeilles de la mort. Dans sa folie de meurtre, Kazan cependant ne se laissa pas effrayer et, ni lui, ni ses frères ne ralentirent leur élan.

Les abeilles de la mort, une, deux, trois, quatre, cinq, passaient, cependant, impétueuses comme l’éclair. Déjà trois loups avaient roulé sur la neige et les autres s’écartaient de droite et de gauche. La seconde des balles de l’homme qui tirait, avait, une première fois, dans l’ombre noire, frôlé Kazan de la tête à la queue, rasant le poil sur son passage. Au dernier coup de feu, il sentit la chose brûlante qui longeait son épaule et piquait ensuite dans sa chair. Mais il continua à avancer quand même, seul avec Louve Grise, qui fidèlement le suivait.

Les chiens du traîneau avaient été détachés des harnais et, avant qu’il pût atteindre l’homme qu’il avait devant lui, Kazan se heurta à leur masse combattante. Il lutta comme un démon, et il y avait en lui la force de deux loups, tandis qu’il jouait follement des crocs.

Deux de ses frères vinrent le rejoindre et se précipiter dans la mêlée. Et, deux fois encore, il entendit retentir le fusil terrible, deux fois encore il vit les deux bêtes s’abattre, l’échine brisée. L’homme avait pris son fusil par le canon et le tenait comme un gourdin. Vers le gourdin tant haï, Kazan redoubla ses efforts. Voilà ce qu’il voulait atteindre !

Se dégageant de la meute des chiens, il bondit soudain jusqu’au traîneau. Alors seulement il s’aperçut