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décidé presque à recevoir les coups qui, pensait-il l’attendaient. Mais la crainte du gourdin finissait par être la plus forte et il reculait derechef dans la nuit. Découragés, Thorpe et Isabelle rentrèrent dans la tente, et le silence retomba.

Ne voyant plus personne, et comme la flamme vacillante du foyer se mourait, Kazan se décida à avancer vers le traîneau et jusqu’aux bûches consumées. Un peu plus loin, recouvert d’une couverture, gisait le corps de l’homme qu’il avait tué. Thorpe l’avait traîné là, sous l’abri d’un buisson.

Afin de se réchauffer, Kazan se coucha près des braises rouges, le nez sur ses pattes, les yeux épiant vers la tente, et prêt à fuir dans la forêt au premier mouvement suspect. Mais, en dépit de ses efforts pour demeurer éveillé, il ne put résister à la bienfaisante tiédeur qui rayonnait vers lui des braises et des cendres chaudes. À plusieurs reprises, ses yeux se fermèrent. Il les rouvrit, puis les referma, et il s’endormit lourdement.

Après avoir rêvé, tantôt de la douceur de la main d’Isabelle, et tantôt de bataille où ses mâchoires claquaient comme des castagnettes d’acier, il se réveilla en sursaut, juste à temps pour voir s’agiter la toile de la tente. Il se sauva vers les sapins.

Le jour se levait. Thorpe apparut, qui tenait dans une de ses mains la main de sa jeune femme et avait à l’autre un fusil. Ils regardèrent tous deux vers le corps qui était sous la couverture. Puis Thorpe, rejetant sa tête en arrière, appela :

— Ho, o, o, o…, Kazan ! Kazan ! Kazan !

À travers les branches basses des sapins, Kazan regarda vers Thorpe et vers le fusil, et se prit à trembler de tous ses membres. Le maître, sans aucun doute, essayait de l’amadouer et de l’attirer vers la chose qui tuait.