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vement d’émoi, qu’elle réprima. Elle n’alla point vers lui. À demi aveuglé, l’animal savait cependant que c’était, elle qui avait arrêté son châtiment. Et, tout en la regardant et en pleurnichant, il remuait dans la neige sa queue touffue.

L’aube commençait à se lever et, le guide ayant attelé les chiens au traîneau, on se mit en route. La journée fut longue et rude. Kazan, attelé en tête, ouvrait la piste, un œil toujours clos, qui lui brûlait, et le corps meurtri sous les coups du fouet de caribou.

Mais ce n’était pas tant la douleur physique qui lui faisait baisser tristement la tête et abattait l’entrain qui lui était coutumier, quand il courait en avant de ses compagnons. C’était son esprit surtout qui souffrait. Pour la première fois de sa vie, il se sentait sans courage et brisé. Mac Cready, jadis, l’avait battu. Dans sa main ou dans celle de Thorpe, alternativement, le fouet menaçant claquait aujourd’hui au-dessus de ses oreilles, et leurs voix implacables lui ordonnaient de marcher, tout clopinant qu’il fût.

Ce qui l’abattait et blessait, c’était de voir, à chaque halte où l’on se reposait, sa maîtresse bien-aimée qui se tenait à l’écart de lui et de sa chaîne. Il en fut de même lorsque, le soir, on dressa le campement. Elle s’assit hors de sa portée, et sans lui parler. Elle le regardait avec des yeux durs qui le bouleversaient et il se demandait si elle n’allait pas le battre, elle aussi. Il se tapit dans la neige, le dos tourné au feu joyeux, là où l’ombre était la plus noire. Cela signifiait que son pauvre cœur de chien était tout à la douleur. Et personne, sauf elle ne le devina. La jeune femme ne l’appela point, ni n’alla vers lui. Mais elle ne cessait de l’observer et d’observer Mac Cready, qu’épiait pareillement Kazan.

Lorsque le dîner fut terminé, les deux tentes furent