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Grise, puis il se glissa sous une vieille souche et s’endormit en pleurant. Son chagrin s’accrut encore durant son sommeil et, tout en dormant, il gémissait comme un enfant. Puis il se calma, une autre vision traversa soudain son cerveau, et à peine l’aurore avait-elle paru qu’il reprenait sa course rapide, droit devant lui.

Durant ce même temps, sous les rayons dorés du soleil d’automne, un homme et une femme, accompagnés d’un enfant, remontaient dans leur pirogue vers le Sun Rock. Ils ne tardèrent pas à voir apparaître, à un coude du fleuve, par-dessus la tête des sapins, la cime sourcilleuse de l’abrupte roche, qu’ils connaissaient bien.

La jeune femme était un peu pâlotte et amaigrie, et ses joues, qui avaient perdu de leur ancien éclat, commençaient à peine, sous l’influence du grand air libre, à retrouver leur fraîcheur rosée. C’était la civilisation et le séjour de six mois dans les villes qui l’avaient ainsi anémiée.

— Jeanne, disait l’homme, ma chère Jeanne, je crois que les médecins avaient raison en me conseillant de te ramener avec moi, pour une nouvelle saison de chasse, vers cette belle et sauvage nature où s’est écoulée ta jeunesse, avec ton vieux père, et sans laquelle tu ne saurais vivre. Es-tu heureuse, à présent ?

La jeune femme se mit à sourire.

Et, comme la pirogue passait en vue d’une longue presqu’île de sable blanc qui, du rivage, s’allongeait dans le fleuve :

— C’est ici, dit-elle, te souviens-tu ? que notre vieil ami, le chien-loup, nous a faussé société. Je reconnais l’endroit. Sa compagne délaissée, la louve aveugle, était là, sur le sable, qui l’appelait. Alors il a piqué une tête dans l’eau… Je me demande où, depuis, ils s’en