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ges et, en remontant la Rivière de la Paix, m’emmènera d’ici au Lac Athabasca[1]

— Et vous emporterez avec vous tout le bazar qu’il y a dans cette cabane ? Je pense que vous emmenez aussi les chiens……

— Oui.

Sandy alluma sa pipe et, d’un air indifférent en apparence, quel que fût l’intérêt visible que ce dialogue faisait luire dans son regard :

— Ça doit coûter chaud, tous ces voyages, monsieur le professeur ?

— Le dernier qui a précédé celui-ci m’est revenu à environ sept mille dollars. Celui-ci en coûtera dans les cinq mille. Mais j’ai diverses subventions.

— Bon Dieu de bon Dieu ! soupira Sandy. Alors vous partez dans huit jours ?

— À peu près.

Sandy Mac Trigger se retira, avec un mauvais sourire au coin de la lèvre.

Paul Weyman le regarda s’en aller.

— J’ai dans l’idée, dit-il à Kazan, que cet homme ne vaut pas cher. Peut-être n’as-tu pas tort de toujours vouloir lui sauter à la gorge. Il aurait apparemment désiré que je le prenne pour guide.

Il plongea ses mains dans ses poches et rentra dans a cabane.

Kazan, s’étant couché, laissa tomber sa tête entre ses pattes, les yeux grands ouverts. L’après-midi était déjà fort avancé. On était bientôt à la mi-septembre et chaque nuit apportait avec elle les souffles froids de l’automne.

Le chien-loup regarda les dernières lueurs du soleil

  1. Le Lac Athabasca, sur lequel se trouve le Fort du Fond-du-Lac, est situé, comme nous l’avons dit, au sud du Grand Lac de l’Esclave. La Rivière de la Paix relie les deux lacs. La distance est de 350 kilomètres.