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Il y eut un vomissement de fumée et Kazan sentit un jet brûlant qui le frappait à la tête. Il chavira en arrière, ses pattes cédèrent sous lui et il tomba comme un paquet inerte.

Au bruit de la détonation, Louve Grise avait pris la fuite comme un trait. Aveugle comme elle l’était, elle n’avait pas vu Kazan s’abattre sur le sable. Ce fut seulement après avoir parcouru près d’un mille, loin de l’effroyable tonnerre du fusil de l’homme blanc, qu’elle s’arrêta et constata que son compagnon, qu’elle attendit en vain, ne l’avait pas suivie.

Sandy Mac Trigger avait arrêté son esquif et il sauta sur la berge avec un hurlement de joie.

– Tout de même je t’ai eu, vieux diable ! cria-t-il. Et j’aurais eu l’autre aussi, si j’avais possédé autre chose que la saloperie qui me sert de fusil ! De la crosse de son arme, il retourna la tête de Kazan et un vif étonnement se peignit sur sa face.

— Cré Dié ! dit-il. Ce n’est pas un loup ! C’est un chien, Sandy Mac Trigger ! Un chien authentique !