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Le gros bouleau qui, à la base, prenait la forme évidée d’un sablier fut plus long à faire choir. Vingt heures y furent nécessaires. Alors il tomba en travers du torrent, à la place exactement qui lui avait été assignée.

Au cours de la semaine qui suivit, la tribu ne prit que fort peu de repos. Si le castor, en principe, préfère travailler la nuit, il s’accommode également, s’il est nécessaire, de travailler le jour.

Avec une intelligence presque humaine, les petits ingénieurs étaient attelés à leur tâche. Beaucoup de jeunes arbres furent abattus et sectionnés en longueur de quatre à cinq pieds. Ces bûches étaient ensuite roulées jusqu’au torrent, les castors les poussant de la tête et des pattes, et venaient buter contre le gros bouleau, entremêlées de broussailles et de menues branches, qui jouaient le rôle de fascines.

Lorsque la charpente de la digue fut ainsi achevée, le cimentage commença. Les castors, sur ce point, sont les maîtres des hommes et, ce qu’ils construisent, la dynamite seule peut le faire sauter. Triturant, et apportant sous leur menton replié en forme de poche, un mélange de boue et de brindilles végétales d’une demi-livre à une livre par chargement, ils s’étudiaient à obturer, à l’aide de ce mortier, tous les vides qui subsistaient dans leur charpente, entre les troncs et les fascines.

C’était, semblait-il, une tâche colossale. Mais les constructeurs de Dent-Brisée pouvaient, en vingt-quatre heures, transporter une tonne de leur ciment. Après le troisième jour, le barrage commençait à fonctionner, l’eau à monter, et le torrent à s’épandre de droite et de gauche.

Ceci rendait désormais le travail plus facile et les matériaux de construction étaient manœuvrés plus aisément, les castors les faisant flotter sur l’eau. Les