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les faisait reculer par un simple grognement. Au seul aspect de ses crocs, ils se couchaient tremblants, sur leur ventre, dans la neige.

Louve Grise arriva, une demi-heure après, triste, les oreilles pendantes et la tête basse. C’est à peine si elle goûta au daim. Ses yeux aveugles semblaient supplier Kazan de ne pas l’abandonner, de se séparer de ces intrus, pour revivre avec elle la solitude passée.

Ses instances demeuraient sans force, car les trois quarts de chien qui étaient dans Kazan faisaient qu’il ne lui déplaisait point de se retrouver avec ces cousins consanguins, en société desquels il avait si longtemps vécu. Il avait appris à haïr l’homme, non les chiens. Une autre influence contre-balançait maintenant celle de Louve Grise.

Deux semaines s’écoulèrent ainsi. Sous la chaleur croissante du soleil, le thermomètre continuait à monter et la neige, sur le sol, commençait à fondre. Bientôt Louve Grise sentit, pour la deuxième fois, dans ses flancs une prochaine maternité.

Mais, en dépit de ses protestations, la petite troupe ne cessait de faire route vers l’est et le sud. Kazan et les chiens savaient que c’était de ce côté que se trouvait cette civilisation avec laquelle ils souhaitaient de reprendre contact. L’homme était dans cette direction. Et ils n’avaient pas vécu assez longtemps de la vie du Wijd pour que l’attirance du passé eût cessé complètement d’agir sur eux.

Les six bêtes arrivèrent ainsi à proximité d’un des Postes avancés de la Baie d’Hudson. Comme elles trottaient sur une longue crête, quelque chose les arrêta. C’était la voix perçante d’un homme, qui criait ce mot bien connu des quatre chiens et de Kazan : « Kouch ! Kouch ! Kouch ! » Au-dessous d’eux, en effet ils aperçurent, dans la plaine découverte, un attelage de six chiens qui tirait un traîneau. Un homme cou-