Page:Curwood - Kazan, trad. Gruyer et Postif.djvu/157

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


XVIII

LE CARNAVAL DU WILD

Durant trois jours et trois nuits, Kazan et Louve Grise vécurent sur la chair gelée du vieil élan, montant la garde auprès de lui, en compagnie des quatre chiens qui avaient immédiatement reconnu Kazan pour leur chef.

Louve Grise ne se souciait guère de cette société. Elle aurait préféré être seule avec son compagnon et, plusieurs fois, elle tenta de l’attirer à sa suite, dans la forêt. Mais, chez les animaux comme chez les gens, l’orgueil est grand de dominer et ce n’était pas sans plaisir que Kazan avait retrouvé son ancienne dignité et le temps oublié où il commandait aux chiens de traîneau.

La température, cependant, s’adoucissait de plus en plus et la chasse coutumière allait redevenir possible.

Kazan la reprit durant la nuit du quatrième jour et la conduisit avec entrain, à la tête de la meute des quatre chiens. Pour la première fois, il avait laissé derrière lui sa compagne aveugle.

Un jeune daim fut levé et forcé. Kazan lui sauta à la gorge et le tua. Et pas ayant qu’il ne se fût rassasié, les autres chiens ne se permirent de goûter à la proie commune. Il était le maître, le tsar tout-puissant, qui