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les Forts Albany et Churchill. Mais, je vais plus loin, vers l’ouest, porter la nouvelle.

Trois jours plus tard, un second messager arriva du Fort Churchill, porteur d’une lettre officielle de l'agent principal, avertissant les gens du Poste du Fond-du-Lac qu’ils eussent à se préparer sans retard, pour la Mort Rouge.

L’homme qui reçut la lettre devint, en la lisant, plus blême que le papier qu’il tenait entre ses doigts.

— Ceci, dit-il, signifie que nous devons creuser des tombes ! Ce sont les seuls préparatifs utiles qu il y ait à faire !

Il lut la lettre à haute voix et tous les hommes valides furent désignés pour aller prévenir, sur le territoire du Poste, tous les camarades épars dans les forêts.

On se hâta de harnacher les chiens. Sur chaque traîneau qui partait, on déposait outre les médicaments usuels, un rouleau de cotonnade rouge, dont seraient faits les lugubres signaux de pestilence et d’horreur, et qui mettait de violents frissons aux mains des hommes qui le chargeaient.

Louve Grise et Kazan rencontrèrent la piste d’un de ces traîneaux, sur la glace du Fleuve du Castor-Gris, et tous deux la suivirent durant un demi-mille. Le lendemain, ils tombèrent sur une seconde piste, et, le surlendemain, sur une troisième.

Celle-ci était toute récente et Louve Grise gronda plus fort, les crocs découverts, comme si un objet invisible l’avait piquée. En même temps, le vent apportait au couple une âcre odeur de fumée.

Kazan et Louve Grise grimpèrent sur un monticule voisin. Ils aperçurent de là, au-dessous d’eux, une cabane qui brûlait, tandis qu’un traîneau attelé de chiens disparaissait parmi les sapins, avec l'homme qui le conduisait. Dans la cabane il y avait un autre