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par le vent, et qui lui roussissaient le poil et brûlaient la peau, comme autant de fers rouges.

Sur les rives du fleuve poussait, le pied dans l’eau, une épaisse rangée de broussailles vertes, où le feu s’arrêta. Le couple s’y réfugia. Puis la chaleur et la fumée commencèrent à diminuer d’intensité. Mais ce ne fut qu’après un temps assez long que Kazan et Louve Grise purent dégager leurs têtes et respirer plus librement. Sans cette propice bande de sable, ils eussent été complètement rôtis. Car, partout en arrière d’eux, la nature était devenue toute noire et le sol était entièrement calciné. La fumée s’éclaircit enfin. Le vent remonta au nord et à l’est, et la dissipa ou refoula, tout en rafraîchissant l’atmosphère.

Le chat-pêcheur, le premier, se décida à regagner la terre et à s’en retourner dans ce qui demeurait de la forêt. Mais les porcs-épics étaient encore enroulés lorsque Kazan et Louve Grise se décidèrent à quitter leur asile.

Ils marchèrent toute la nuit suivante, en longeant la rive du fleuve, dont ils remontèrent le courant. La cendre était chaude et leur brûlait douloureusement les pattes. La lune était rouge encore et sinistre, et semblait toujours un éclaboussement de sang dans le ciel.

Durant les longues heures où cheminèrent côte à côte les deux bêtes, tout était silence autour d’elles. Rien, pas même le hululement d’une chouette. Car, devant le grand feu, tous les oiseaux avaient fui aussi, à tire-d’aile, sur l’autre rive. Aucun signe de vie ne subsistait sur cette terre qui, hier encore, constituait, pour les hôtes sauvages du Wild, un paradis.

Kazan savait que, pour trouver sa nourriture et celle de Louve Grise, il lui fallait aller plus loin, beaucoup plus loin.