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de ses yeux ardents, et se mit à gémir vers Louve Grise, qui se refusait à bouger.

D'autres bêtes sauvages du Wild, qui redoutaient l'eau autant qu’elle, et ne voulaient pas, ou ne pouvaient pas nager, vinrent se réfugier sur la bande de sable étroite et dénudée qui, un peu plus loin, s’avançait dans le fleuve.

Il y avait là un gros et gras porc-épic, une petite martre aux formes sveltes, et un chat-pêcheur, qui n'arrêtait pas de renifler l’air et de geindre comme un enfant. Des centaines d’hermines se pressaient sur le sable clair, pareilles à une légion de rats, et leurs petites voix perçantes formaient un chœur ininterrompu, De nombreux renards couraient, affolés, à la recherche d’un arbre abattu par le vent en travers du fleuve, qui pût leur servir de pont pour passer sur l’autre rive. Mais le fleuve était trop large. Il y avait aussi des frères de race de Louve Grise, des loups, qui hésitaient devant une traversée à la nage. Ruisselant d'eau et haletant, à demi suffoqué par la chaleur et la fumée, Kazan vint prendre place au côté de Louve Grise. Il comprenait que le seul refuge qui leur restât était la langue de sable et il se mit en devoir d’y conduire sa compagne.

Comme ils approchaient du petit isthme qui reliait le sable à la rive, ils sentirent leurs narines se crisper, et n'avancèrent plus qu’avec précaution. Leur flair leur disait qu’un ennemi n’était pas loin.

Ils ne tardèrent pas, en effet, à découvrir un gros lynx, qui avait pris possession du passage et qui, couché sur le sol, s’étalait largement à l’entrée de la bande de sable. Trois porcs-épics, ne pouvant passer outre, s’étaient mis en boule, leurs piquants alertés et frémissants. Un chat-pêcheur, se trouvant dans le même cas, grognait timidement vers le lynx qui, ayant aperçu Kazan et Louve Grise,