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fumée ne s’élevait. Les herbes et les plantes grimpantes commençaient à recouvrir le sentier et les murs de bûches, et l’odeur de l’homme, imprégnée à ces murs, qu’il reniflait, se faisait de plus en plus faible.

Un jour il trouva, sous une des fenêtres closes, un petit mocassin d’enfant. Il était vieux et usé, noirci par la neige et la pluie. Il suffit pourtant à faire le bonheur de Kazan, qui se coucha tout à côté et demeura là de longues heures. Et, durant ce temps, à ce même moment, le bébé, à des milliers de milles de distance, était en train de se divertir avec les jouets merveilleux inventés par la civilisation. Ce ne fut qu’à la fin de la journée que Kazan s’en alla rejoindre Louve Grise, parmi les sapins et les baumiers.

Il n’y avait que dans ces visites à la cabane que Louve Grise n’accompagnait pas Kazan. Tout le reste du temps, les deux bêtes étaient inséparables. Lorsqu’elles avaient pisté un gibier, Kazan prenait la chasse, et Louve Grise l’attendait. Les lapins blancs étaient leur pâture ordinaire. Par une belle nuit de clair de lune, il arriva, une fois, à Kazan de fatiguer à la course un jeune daim et de le tuer. Comme la proie était trop lourde pour qu’il pût la rapporter à Louve Grise, il courut la chercher et la ramena vers le lieu du festin.

Puis advint le grand incendie.

Louve Grise en saisit l’odeur alors que le feu était encore à deux jours à l’ouest. Le soleil, ce soir-là, se coucha dans un nuage blafard et sinistre, La lune, qui lui succéda, à l’opposé du ciel, parut toute rouge et pourprée. Lorsqu’elle surgit ainsi du désert, les Indiens la nomment la « Lune Saignante » et l’air s’emplit pour eux de présages funestes.

Le lendemain matin, Louve Grise devint étrange-