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HYMNES HOMERIQUES 585

se rapportent en général nos hymnes. Réunis, ils nous fournissent une sorte de catalogue des panégy- ries grecques où la poésie avait part. En les lisant, nous nous transportons tour à tour en imagination à Délos et à Delphes, à Eleusis et à Claros, à Salamine de Chypre et à Athènes ; nous y assistons aux fêtes d'Apollon, de Déméter, d'Aphrodite, d'Athéna ou d'Héphaestos, et à une foule d'autres. Il n'est point de dieu qui n'ait son hymne, point de ville qui n'ait ses fêtes, point de grande réunion sans poésie. L'épopée se montre là vraiment vivante et régnante, au milieu de ses prêtres et de ses fidèles, dans tout l'éclat de sa gloire, comme la tragédie d'Eschyle ou de Sophocle sur le théâtre d'Athènes ; nous la suivons d'Europe en Asie, à travers les Cyclades, partout acclamée et traînant la foule après elle. Quelques prologues poétiques deviennent ainsi les témoins irrécusables de l'empire qu'elle a exercé et nous per- mettent de le concevoir d'une manière sensible.

Bien que tous ces hymnes parlent uniquement des dîeiix, il n'en est pas un qui présente un caractère liturgique. Tous ceux qui ont quelque importance sont de véritables récits épitjues, et les autres sont le plus souvent des abrégés de récits du même genre. Cinq seulement laissent entrevoir quelques traces, plus ou moins certaines, d'influences orphi- ques*. Les autres se rattachent directement soit à la tradition homérique, soit à la tradition hésiodique, parfois à toutes les deux simultanément.

C'est surtout l'élégance et la grâce brillante qui distinguent Y Hymne à Apollon Délien^^ le premier et

��1. Ce sont les hymnes VIII, XIV. XXX (XXI, éd. Pierron), XXXI (XXII, du même) et XXXII (XXIII, du même).

2. L'hymne I, à Apollon Délierij confondu dans les manuscrits

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