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Page:Crépet - Les Poëtes français, t2, 1861.djvu/762

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CHAPELLE


1626 — 1686



Ivresse et paresse, toute la destinée de Chapelle est comprise en ces deux mots. Huit mille livres de rente, qui lui furent laissées par son père, François Luillier, maître des comptes, aidèrent l’élève de Gassendi à mener joyeusement, dans une complète indépendance, une existence de franc épicurien. Son amitié pour le vin ne l’empêcha pas d’être admis dans les belles compagnies, ni sa paresse de battre l’estrade en Italie et en France. Le voyage qu’il fit en France, et dont il écrivit avec Bachaumont la relation badine, peut faire regretter qu’il n’ait point donné le récit de son voyage en Italie. Nous remarquerons en passant qu’il ne fut pas en son temps le seul homme de lettres à qui il prit envie de passer les Alpes. Maynard, Boisrobert et Scarron allèrent aussi à Rome, où Claude-Emmanuel Chapelle se conduisit de telle sorte que d’Assoucy se crut le droit de lui rappeler plus tard « les victoires insignes qu’il avait remportées Place Navone, à la barbe des quatre parties du monde. » Ce d’Assoucy fut, avec le baron de Blot, chansonnier libertin, le maître en poésie de cet insouciant rimeur à qui Voltaire fait très —justement adresser cette semonce, dans le Temple du goût :

Réglez mieux votre passion
Pour ces syllabes enfilées
Qui, cliez Richelet étalées
Quelquefois sans intention,
Disent avec profusion
Des riens en rimes redoublées.

Ni ce fameux Voyage, qui eut à son apparition tant de succès, ni