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Page:Crépet - Les Poëtes français, t2, 1861.djvu/581

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D’ACEILLY


1604 — 1673



Charles Nodier, dans la Collection des petits classiques français, a fait revivre le nom et les poésies du chevalier d’Aceilly. Le nom tombait dans l’oubli ; les poésies étaient dispersées dans les recueils de Barbin et de La Monnoye, ou perdues dans des compilations indigestes de pièces galantes. A peine trouvait-on, dans quelques bibliothèques, la seconde édition de ces œuvres. Pour l’édition originale, imprimée en 4667 à Paris, sous les yeux de l’auteur, et que nous avons découverte après de longues recherches, Charles Nodier la déclarait introuvable. Ce fut donc avec la passion du bibliophile qu’il édita ce livre rare ; il en fit un petit chef-d’œuvre où rien ne fut oublié : choix du papier, beauté des caractères, grâce des encadrements. Mais, obéissant à la pureté de son goût plus encore qu’à son amour pour les livres oubliés, il ne put se résoudre à publier toutes les épigrammes du chevalier d’Aceilly ; il omit les plus faibles et les moins délicates ; s’il ne satisfit pas ainsi ceux qui veulent avoir jusqu’au moindre mot d’un écrivain, son édition en fut plus gracieuse, plus agréable à la lecture, et plus propre à faire revivre le poëte.

Ce qui, chez d’Aceilly, frappait Charles Nodier, ce qui lui donne en effet une physionomie distincte, c’est une observation fine unie à la naïveté de l’expression, Ses vers, au premier aspect, n’ont que de la bonhomie, et l’on craint à chaque instant d’y voir quelque négligence ; il faut les étudier de plus près. On les trouve fermes et pleins, sans longueurs, sans remplissages. Ils n’ont ni les vibrations, ni la rapidité du trait qui vole ; ils manquent de mouvement et d’éclat; mais ils vont droit au but.

Plus d’une fois, d’Aceilly fut accusé de reproduire ou d’imiter les