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Page:Crépet - Les Poëtes français, t2, 1861.djvu/495

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Et qu’avec un visage blême,
On oit quelqu’un qui dit tout bas :
Mourra-t-il ? ne mourra-t-il pas ?
Ira-t-il jusqu’au quatorzième ?
Monseigneur, en ce triste état,
Confessez que le cœur vous bat,
Comme il fait à tant que nous sommes ;
Et que vous autres, demi-dieux,
Quand la mort ferme ainsi vos yeux,
Avez peur comme d’autres hommes.

Tout cet appareil des mourants,
Un confesseur qui nous exhorte,
Un ami qui se déconforte,
Des valets tristes et pleurants,
Nous font voir la mort plus horrible.
Et crois qu’elle était moins terrible
Et marchait avec moins d’effroi,
Quand vous la vîtes aux montagnes
De Fribourg, et dans les campagnes
Ou de Nordlingue, ou de Rocroi.

Vous semblait-il pas bien injuste,
Que, sous l’ombrage des lauriers
Qui mettent votre front auguste
Sur celui de tant de guerriers,
Sous cette feuille verdoyante
Que l’ire du ciel foudroyante
Respecte et n’oserait toucher,
La fièvre chagrine et peureuse,
Triste, défaite et langoureuse.
Eût le cœur de vous approcher,
Qu’elle arrêtât votre courage,
Qu’elle changeât votre visage,
Qu’elle fît trembler vos genoux ?
Ce que Rellone détruisante,