Ouvrir le menu principal

Page:Crépet - Les Poëtes français, t2, 1861.djvu/184

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


SONNET
AU ROY


   Avoir tant de courage en un âge si tendre,
Surpasser de hauteur ceux qui sont devant toy ;
Prendre extrême plaisir d’ouïr parler d’effroy[1],
Tel qu’il fut cette nuict que Troye fut en cendre ;

   Tressaillir de regret come un jeune Alexandre,
En oyant raconter les faicts d’un si grand roy,
Demander ce qui reste[2], et s’en mettre en émoy.
Puis, d’un cœur de lion, vouloir tout entreprendre ;
 
   Porter empreint au front un trait de royauté
Qui maintient le François ferme en sa loyauté,
Et fait que des meschants le dessein se dissipe ;
 
   Ces grâces que le ciel dessus ton chef[3] répand,
Asseurent notre espoir, que tu seras plus grand
Que n’a jamais esté la race de Philippe.


CHANSON


   Les nymphes, par les siècles vieux,
Hantans les solitaires lieux,
Ont mesprisé des plus hauts dieux
La longue et importune envie ;
Je veux ainsi passer ma vie.

1. C'est-à-dire : d’événements effroyables, tels que ceux qui eurent lieu cette nuit où... — 2 Sous-entendu : à faire. — 3 Tête.