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qu’ils poursuivent sans cesse, et qui leur échappe toujours.



On a beau dire, de tous les spectres de ce monde la mort est le plus effrayant ; j’en appelle au trait suivant ; malheureusement ce n’est point une fiction ; c’est un fait véritable.

Dans les temps d’abondance le paysan trouve sur ses greniers de quoi vivre ; dans les temps de misère il est forcé de venir à la ville implorer la compassion de ses maîtres. Une année ces maîtres, eux-mêmes pressés par l’indigence, fermèrent leurs portes, et ces malheureux habitans des champs furent obligés de s’en retourner sans pain dans leurs chaumières, où ils étaient attendus avec impatience par leurs femmes et leurs enfans. Un d’entre eux se trouve au milieu de quatre petits enfans qui portent leurs mains à leur