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camérice, qui aide le pape à dire son breviaire, et les domestiques du St. Pere qui ont des bénéfices pour des gages ? Est-ce le St. Esprit qui a fait dire à un prêtre de nos jours, en vertu d’anciens conciles, qu’il étoit juste de faire une boucherie des huguenots, parce qu’ils n’étoient pas catholiques, apostoliques, et sur-tout romains ; est-ce enfin le St. Esprit qui nous a donné une foule d’évêques tarés et simoniaques, et qui nous donne des prêtres ennemis de la révolution et de la constitution ?


Testis unus. Mais, Monsieur, nous ne sommes plus dans la question.


Isocrate. Nous ne serions pas déviés, s’il se fût agi de morale.


Testis unus. Nous voulions parler du décret qui prescrit aux prêtres de faire un serment pour l’observation d’une loi opposée à l’esprit de l’église ; ce décret porte un coup mortel à la religion.


Isocrate. Est-ce que la religion dépend des hommes ? que peuvent leurs efforts contr’elle ? « que peut contre le roc une vague animée » ?


Testis unus. Non, Monsieur ; il n’y a plus de religion, dès que l’assemblée nationale a voulu changer la hiérarchie, et qu’elle a refusé de décréter explicitement que la religion catholique, apostolique et romaine est la religion nationale.


Isocrate. Voilà un raisonnement digne des ébionites ; mais avant de le détruire, dites-moi ce que c’est qu’une religion.