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Isocrate. Des propriétés, la crainte de manquer de subsistance, voilà du terrestre, M. l’abbé ; eh ! ne savez-vous pas que St. Pierre n’avoit pas une pite à donner aux pauvres qui l’attendoient à la porte du temple de Jérusalem ; connoissez-vous ce vers de Perse :


Dicite pontifices, in sancto quid facit aurum.


Cette pensée auroit mieux convenu sur le frontispice de la chapelle de Clément VII, que cette inscription fastueuse et insolente. « Les rois de Thrace, de Saba et des Isles, lui apporteront des présens, tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront. »


Testis unus. Oh ! Monsieur, je le vois bien, la foi est perdue !


Isocrate. La raison a repris son empire.


Testis unus. Il n’y a plus de raison puisque le pape n’est plus rien, et qu’on ne correspondra plus avec lui.


Isocrate. On révérera toujours le pape, mais on n’adorera plus son siege ; on consultera sa raison, mais on ne baisera plus sa pantoufle ; on en fera un sage et non plus un Dieu.


Testis unus. Et les bulles ?


Isocrate. Quand il y aura de bonnes loix générales pour l’église, comme pour les gouvernemens, il n’y aura plus besoin de loix particulieres, et conséquemment de bulles ; on bannira les dispenses, comme on a banni les privileges exclusifs, et sur-tout on ne les achetera plus.