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Les trois coups de l’avertisseur. Immédiatement, derrière la toile, on entend une trompette sonner les quatre appels. Rideau.

Une chambrée, dans un régiment de cavalerie. Au fond à gauche, en coin, la porte ; puis, face au public, une haute croisée à vitres exiguës derrière laquelle on voit la cour du quartier, blanche de lune. A droite et à gauche, filant de l’avant-scène au fond, des lits accolés deux à deux, et garnis de leurs couvre-pieds réglementaires. Sous la planche à pain, une lourde table où traînent des quarts et une gamelle. Au centre, un poêle.

A droite, Marabout et Vergisson, chacun au pied de son lit, à la position du soldat sans armes. Ils sont en pantalon de treillis, veste et sabots, coiffés du calot d’écurie. Lidoire, même tenue, est debout, près de la porte. D’une main, il tient une chandelle ; de l’autre, il en protège la flamme. Dehors, la sonnerie continue. La porte s’ouvre. Entre l’adjudant de semaine, le billet d’appel à la main.


Scène première

Lidoire, Marabout, Vergisson, l’adjudant.

Lidoire. — Silence à l’appel ! — Manque personne, mon lieutenant.

Le sous-officier, qui a effleuré du doigt la visière de son shako. — Comment ça, il ne manque personne ? Voilà une chambrée de douze lits où vous êtes tout de suite trois.

Lidoire. — Dam’, mon lieutenant, vous savez c’que c’est : quand c’est q’les bleus viennent d’arriver, c’est aux hommes ed’la classe à prend’