Page:Courteline - Bourbouroche. L'article 330. Lidoire. Les balances. Gros chagrins. Les Boulingrin. La conversion d'Alceste - 1893.djvu/124

Cette page n’a pas encore été corrigée


Tout en ne voyant pas, lorsque je m'examine,
Que la malignité soit le but où j'incline,
Et bien que mon humeur se complaise fort peu
A jeter, comme on dit, de l'huile sur le feu,
Il me faut confesser de façon simple et nette
Que vous avez raison des pieds jusqu'à la tête.
Oui, mon coeur de droiture et de justice épris
Se rend à des griefs dont il sent tout le prix,
Madame; et de regret mon âme tourmentée
Gémit de vous avoir un moment disputée.
L'amour est quelquefois prompt à l'emportement,
Mais on sait ce que c'est qu'un courroux d'un amant,
Et...


Célimène

Philinte, il suffit. Ces paroles sensées
Font l'honneur de celui qui les a prononcées.

(En gage de réconciliation, elle lui présente sa main, que Philinte couvre de baisers.)

Vous comprenez enfin?


Philinte

Je vous comprends si bien
Que votre sentiment concorde avec le mien.
Je me serais gardé d'en rien mettre en lumière;
Mais puisqu'il vous a plu de parler la première,
Je ne vous cache pas qu'Alceste, à mon avis,
Est vraiment ridicule autant qu'il est permis.


Célimène